Lieux et public
       
Lieux - Chaillot

Une scène dont les mesures de cour à jardin, de la face au lointain, sont non traditionnelles, non classiques en un mot. Certes, nous avons désormais quelque reconnaissance pour ces « espaces infinis ». Mais quelle machine ! Quel instrument au maniement par ailleurs épuisant ! À chaque fois qu'un artiste répète, n'a-t-il pas l'impression de participer aux grandes manoeuvres ? « Un champ-de-Mars" » disait Camus.

Dès le premier jour, le problème de la salle pleine nous hantait. [Non pas] la salle pleine assurant ipso facto des bénéfices, mais bien différemment celui de la salle pleine, tous les soirs, d'hommes et de femmes appartenant au monde du travail.

       
puce chaillot   Couverture de Bref
       

À Chaillot, entre 1952 et 1954, Vilar se bat sur tous les fronts. D'abord, il faut gagner le public. Une partie de la critique, certains journaux, les tenants d'un traditionalisme dépassé multiplient leurs attaques. L'administration le harcèle. Vilar répond : « Je n'ai pas le temps de haïr mes ennemis ». Et le public confirme : 300 000 spectateurs dès la seconde saison, 450 000 quelques années plus tard.

       
puce chaillot   Affiche, mai 1952
       
puce chaillot   Affiche, 1953 - 1954
       

La saison 1953 - 54 (entre le 7 septembre 1953 et le 8 août 1954) a compté 294 représentations de 11 pièces en alternance dont 4 créations ; dans 45 lieux scéniques dont 21 villes étrangères dans 8 pays, 16 villes de province, 8 villes de banlieue, plus Chaillot et Avignon. La troupe du T.N.P. était composée d'une vingtaine de comédiens, accompagnée en tournée de 12 cadres techniques et administratifs, gérée à Chaillot par une équipe administrative comportant au total 12 personnes (personnel de location compris).

       
puce chaillot   Affiche, printemps 1954
       
puce chaillot   Affiche, 1956
       
puce chaillot   Affiche, 1958 - 1959
       
puce chaillot   Affiche
       
puce chaillot   Affiche, 1962
   
Lieux - Tournées en France

Je désire présenter dans la banlieue parisienne des spectacles aussi soignés qu'à Chaillot. L'instrument banlieusard me l'interdit trop souvent.
Jean Vilar

       
puce tournées   Affiche, Théâtre des Champs-élysées
       
puce tournées   Affiche, Hôtel de Soubise
       
puce tournées   Affiche, Saint-Malo
       
puce tournées   Affiche, Abbaye du Bec-Helluin
       
puce tournées   Affiche, Montrouge
       
puce tournées   Affiche, Saint-Denis
       
puce tournées   Affiche, château de Beaumesnil
       
puce tournées   Affiche, Rouen
       
puce tournées   Affiche, Marseille
       
puce tournées   Le T.N.P. en banlieue (Bref)
       
puce tournées   Lieux scéniques singuliers
       
puce tournées   Affiche, Théâtre de Suresnes
       

À nous obstiner à jouer à Suresnes (16 fois), à Clichy (14), à Gennevilliers (17), à la porte Maillot sous le chapiteau (6), à la porte de Montreuil (14), dans le quartier du Marais à Soubise-Rohan (9), nous ne faisions qu'accomplir la tâche que l'on m'avait confiée. Elle était lourde et astreignante. Mais je sentais bien que là était le vrai, l'utile et nécessaire combat.
Jean Vilar

Il n'est question que d'aller prouver aux habitants des cités de banlieue que ce théâtre, fait pour eux, ne leur est pas inaccessible, ni par le prix des places, ni par les œuvres représentées. Il s'agit de leur rendre, à nouveau, le fait théâtral familier et nécessaire.
Jean Vilar

       
puce tournées   Lieux scéniques singuliers
       
puce tournées   Couverture de Bref, le T.N.P. en banlieue
       
puce tournées   Chapiteau
       
puce tournées   Chapiteau
       
puce tournées   La Semaine de Paris, mai 1952
   
Lieux - Tournées à l'étranger

Il est donc demandé à un artiste de savoir aussi voyager. Cela s'apprend, mais après beaucoup de traverses. « Pierre qui roule amasse mousse ». Il faut savoir soutenir un rythme rapide et heurté d'ocupations diverses : répétitions, visites officielles, rencontres, entretiens avec tous les amis et les curieux de notre façon de faire. Il me reste à vous rappeler la bonne division que nous avons mise au point : il y a ceux qui partent en tournée pour donner des représentations et, si possible, voir un peu de pays. Il y a ceux qui voient du pays et ont aussi joué. Les uns sont des comédiens. Les autres sont des touristes. Les uns sourient des autres.
Jean Vilar

       
puce tournées   Bref, 1953
       
puce tournées   Affiches de tournées à l'étranger
       
puce tournées   Tournée en Italie, 1953
       
puce tournées   Tournée à New-York, 1958
       
puce tournées   Tournée en Allemagne, 1952
       
puce tournées   Affiches des spectacles du TNP en Italie
       
puce tournées   Affiche russe pour Don Juan à Moscou
       
puce tournées   Arrivée des comédiens du TNP aux états-Unis, 1958
       
puce tournées   Le Triomphe de l'amour de Marivaux, représenté à Moscou
   
Public

Le public d'abord. Le reste suit toujours. Estimez-vous que le T.N.P. ait un public qui soit en majorité intellectuel ? Oui, si intellectuel signifie « démon du savoir ». Ce démon est plus exigeant chez un ouvrier de Renault que chez telle dame du Carreau Champs-Elysées. Je pense que la gauloise est une cigarette populaire. L'est-elle moins parce que M. de Rothschild n'achète que des gauloises ?
Jean Vilar

       
puce public   Couverture de Bref, sur les spectateurs du T.N.P.
       

Nous savons aussi que savoir et connaissance, divertissement et culture sont, dans leur poursuite, une question personnelle de volonté, de dons et d'opiniâtreté.
Jean Vilar

       
puce public   Saluts du Cid à Suresnes, 1951 (Photo D.R.)
       

Il faut savoir pourquoi on fait du théâtre. Et en déduction, il faut savoir pour qui. Je sais, personnellement, pourquoi et pour qui je travaille : pour les classes laborieuses. Est-ce que cela n'est pas suffisamment clair ?
Jean Vilar

       
puce public   Dessin de Jean Effel paru dans Ce soir, 1952
       
puce public   Dessin de Jean Effel paru dans Ce soir, 1952