Jean Vilar
et le Théâtre National Populaire

Acte II

Jean Vilar est nommé en 1951 directeur du Théâtre du Palais de Chaillot, auquel il rend aussitôt son nom d’origine : le Théâtre National Populaire.

Durant 12 ans, il inventera un lieu et une démarche qui mettront les spectateurs au cœur de sa réflexion sur la culture populaire.

Changement d’horaires des représentations, permettant de rentrer chez soi plus tôt avant le travail du lendemain, proposition de restauration simple avant le spectacle, feuilles de salle avec présentation de la pièce et des comédiens, salariat des ouvreuses, édition des textes intégraux vendus à prix modique (Collection du Répertoire), échanges avec le public, élaboration d’une esthétique globale avec le graphiste Jacno, publication mensuelle (Bref).

S’il se concentre sur des œuvres classiques, Jean Vilar offre un programme novateur avec aussi des textes contemporains (Brecht, Büchner, Claudel…), et invite des artistes de premier rang sur le plateau : comédiens (Gérard Philipe, Georges Wilson, Maurice Garrel, Jean-Pierre Darras, Jeanne Moreau…), plasticiens (Alexandre Calder, Édouard Pignon, Léon Gischia,…), le musicien Maurice Jarre…

La bataille contre le traditionalisme d’une partie de la critique et de la société mondaine est rude. Le public, lui, est conquis et assiste toujours plus nombreux aux représentations.

« Ce travail à contre-courant a une limite dans le temps. » Jean Vilar ne renouvellera pas son mandat en 1963, se concentrant sur la direction du Festival d’Avignon qu’il a créé en 1947.